En Karate, le Kata désigne donc une séquence de techniques dont le déroulement reproduit un schéma (Embusen) de combat contre un ou plusieurs adversaires attaquant dans des directions différentes. Les Kata sont la « bible », l’âme du Karate, chaque Kata étant chargé de tout le savoir de son élaborateur avec des caractéristiques spécifiques. Dans le Karate Shôtôkan, le Kata a une place importante, car les bienfaits sont multiples pour le pratiquant : améliore la vitesse, l’équilibre, la puissance, la maitrise de la respiration, et l’ efficacité en combat est accrue grâce aux applications (Bunkai) et à l’analyse des techniques.
Il faut apprendre à le vivre, et pas seulement le faire, car dans ce cas il ne serait qu’un coquille vide.
En Karate, le Kata est en général pratiqué en solitaire (Kaishu-Kata) ; il existe toutefois des formes de Kumite-Kata, où l’on travaille avec un partenaire de façon codifiée.
Les Kata du Karate remontent tous ou presque à une source chinoise, et sont des évolutions de Tao de la boxe chinoise (Quan-fa), basés sur une grande connaissance du corps humain, des points vitaux (Kyusho) et des circuits d’énergie (Ki).
Quand Gichin Funakoshi commença à enseigner, il ne divulga que 15 Kata à ses élèves, tenant la majorité de ses formes de son propre maître ; il les modifia et remplaça leurs noms okinawaiens par des noms japonais.(voir section Histoire du Karate)
Par la suite le programme Kata du Shôtôkan fut enrichi par l’adoption de plusieurs anciennes formes issues des styles traditionnels d’Okinawa. Aujourd’hui encore, la JKA et d’autres associations révisent et améliorent les Kata de leurs méthodes.
Voici les caractéristiques non exhaustives de l’éxécution d’un Kata :
-Un Kata commence et finit toujours par un salut, qui varie selon le style pratiqué
-La première technique est une défense en général exécutée à gauche
-Le regard suit le fil conducteur du Kata et précède les changements d’axe
-Le rythme alterne les temps forts et les temps faibles
-Les Kiai marquent la libération maximum d’énergie, leur nombre peut varier
-Un Kata se termine dans la direction identique à celle du départ, et en Shôtôkan, il se termine au même endroit.
Voici un petit récapitulatif historique des Kata compilés par Maître Funakoshi :
-1922-1925
Pinan shodan, Naihanchi shodan, Koshokun, Pinan nidan, Pinan sandan, Pinan yondan, Pinan godan, Naihanchi nidan, Naihanchi sandan, Seishan, Passai, Wanshu, Chinto, Jitte, Jion.
-1935
Heian shodan, Heian nidan, Heian sandan, Heian yondan, Heian godan, Bassai dai, Kanku dai, Tekki shodan, tekki nnidan, Tekki sandan, Hangetsu, Jitte, Empi, Gangaku, Jion.
-1958
Ten no kata, Taikyoku shodan, Taikyoku nidan, Taikyoku sandan, Heian shodan, Heian nidan, Heian sandan, Heian yondan, Heian godan, Bassai dai,Bassai sho, Kanku dai, kanku sho, Tekki shodan, Tekki nidan, Tekki sandan, Hangetsu, Jitte, Empi, Gangaku, Jion, Meikyo.
-Aujourd’hui (liste des Kata habituellement pratiqués en Shôtôkan, avec leur nom d’origine et leur signification générale)
Heian shodan (Pinan shodan) Forme de paix n°1
Heian nidan (Pinan nidan) Forme de paix n°2
Heian sandan (Pinan sandan) Forme de paix n°3
Heian yondan (Pinan yondan) Forme de paix n°4
Heian godan (Pinan godan) Forme de paix n°5
Bassai dai (Passai) Enlever une place forte grande forme
Bassai sho (Passai) Enlever une place forte petite forme
Kanku dai (Kushanku/ Koshokun) Lever les yeux au ciel grande forme
Kanku sho (Kushanku/ Koshokun) Lever les yeux au ciel petite forme
Tekki shodan (Naihanchi shodan) Cavalier de fer n°1
Tekki nidan (Naihanchi nidan) ) Cavalier de fer n°2
Tekki sandan (Naihanchi sandan) ) Cavalier de fer n°3
Hangetsu (Seisan/ Seishan) La demi-lune
Jitte (Jitte) Les 10 mains/techniques
Empi (Wanshu) Le vol de l’hirondelle
Gangaku (Gangaku) La grue sur le rocher
Jion (Jion) Le moine Bouddhiste
Jiin (Shokyo) Les Terres sacrées du temple
Sochin (Hakko) Le puissant ancrage
Nijushiho (Niseishi) Les 24 pas
Unsu (Unshu) Les mains en nuage
Chinte (Shoin) les mains singulières
Wankan (Hito/ Shiofu) La couronne royale
Gojushiho dai (Useshi/Hotaku) Les 54 pas grande forme
Gojushiho sho (Useshi/Hotaku) Les 54 pas petite forme
Meikyo (Rohai) Le miroir cristallin.

De nos jours, les pratiquants peuvent pratiquer le Kata en compétition, en suivant un règlement uniforme et standardisé dont voici les règlements. Il faut toutefois garder à l’esprit que la forme sportive du Kata en Karate doit être complétée par une étude approfondie de leurs racines.
Règlement de compétition et d'arbitrage FFKARATE (format pdf)